Journées Européennes du Patrimoine

La gare de Brest : patrimoine de la Reconstruction et témoin de la résilience face aux périls

Cet article fait partie de la série consacrée au thème européen des Journées européennes du patrimoine 2026 : « Patrimoine en péril : redonner vie, résister, réinventer ». Retrouvez nos articles sur notre plateforme dédiée au patrimoine de la SNCF jusqu’aux samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026 ! Une ville sous les bombes alliées […]

 Posté le
  • Cet article fait partie de la série consacrée au thème européen des Journées européennes du patrimoine 2026 : « Patrimoine en péril : redonner vie, résister, réinventer ». Retrouvez nos articles sur notre plateforme dédiée au patrimoine de la SNCF jusqu’aux samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026 !

Une ville sous les bombes alliées

En l’espace de quatre années, du 18 juin 1940, date d’entrée de la Wehrmacht dans la ville, au 18 septembre 1944, date de la reddition allemande, l’agglomération brestoise subit près de 270 bombardements de la part des forces alliées. Si les infrastructures portuaires sont d’abord ciblées en raison de leur importance stratégique, les civils restés dans la ville après l’évacuation de plus de 40 000 personnes (ils sont approximativement 3 000) sont lourdement touchés : 429 morts et 729 blessés. À la fin de la guerre, seuls 200 immeubles demeurent intacts sur les 16 500 décomptés au début du conflit, dont seulement quatre dans le centre-ville.

Dans ce paysage apocalyptique, la gare et les infrastructures du chemin de fer proches du port n’ont pas été épargnées, d’autant plus qu’elles sont elles aussi des enjeux stratégiques. En effet, la gare située dans le centre-ville n’était pas seulement destinée aux voyages civils, mais aussi au transport de troupes et de matériel militaire, en lien étroit avec les installations portuaires.

Un patrimoine Art Déco endommagé

Vue de la gare SNCF de Brest, entre 1937 et 1939. © Photographie anonyme, carte postale Yvon, BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

La gare subit ainsi des dégâts, au même titre que l’ensemble des bâtiments de la ville. La partie supérieure du bas-relief du sculpteur français Lucien Brasseur (1878-1960), qui ornait la tour, est endommagée pendant le conflit et n’est pas reconstituée à la fin de la guerre. Réalisée en granite rose de Ploumanac’h, la sculpture représentait dans son ensemble un pêcheur et un sonneur bretons en partie inférieure, ainsi qu’un calvaire, un menhir et des bateaux qui sont aujourd’hui manquants. N’est également conservée que partiellement l’aile nord, gravement détruite, afin de créer une voie supplémentaire. Les travaux de reconstruction de la gare ont été évalués à 268 millions de francs en 1951, ce qui correspond approximativement à 800 000 000 euros actuel. Le bâtiment voyageurs conserve malgré tout sa structure originelle, construite entre 1936 et 1937 dans la mouvance du mouvement Art Déco par l’architecte polytechnicien Urbain Cassan (1890-1979).

Vue de la façade et la tour de la gare de Brest vers 1945. © Photographie anonyme, 2Fi04988 via Archives municipales de Brest, tous droits réservés.
Vue des destructions de la salle d’attente du bâtiment voyageur de la gare de Brest après la guerre. © SNCF région de l’Ouest, voie et bâtiments, Laboratoire de photographie, 2Fi05107 via Archives municipales de Brest, tous droits réservés.

La reconstruction d’un patrimoine en phase avec les enjeux de la Reconstruction 

En dépit de l’ampleur des dégâts puisque Brest est l’une des villes françaises les plus touchées (80 à 90 %), la reconstruction est menée avec rapidité, entre 1945 et 1961. L’architecte en chef du projet, Jean-Baptiste Mathon, et son second Maurice Piquemal, inspecteur général des Ponts et Chaussées, font le choix de s’inscrire globalement dans le projet urbain initié dans les années 1920. Dans cette perspective moderniste, la gare se fond parfaitement dans ce nouveau paysage d’après guerre où priment les façades blanches, l’utilisation du béton, les bâtiments d’une hauteur modérée (137 marches suffisent pour atteindre le sommet de la tour de l’horloge) et les lignes verticales, au point que beaucoup pensent spontanément qu’elle date de cette époque.

Vue de la façade de la Brest aujourd’hui, depuis la place du 19e Régiment d’Infanterie, avec le bas-relief amputé de sa partie supérieure. © Dossier d’œuvre architecture IA29004675, Inventaire général, Région Bretagne, tous droits réservés.

La gare de Brest est donc un exemple de la résilience et de l’adaptation de notre patrimoine ferroviaire : sa modernité illustrative des innovations architecturales de la première partie du XXe siècle et ses références à son ancrage breton sont un repère de l’histoire de la ville et ont inspiré sa reconstruction. La SNCF, contemporaine de sa construction de la gare (1937), continue aujourd’hui sa restauration dans le cadre d’un nouveau pôle d’échanges. L’édifice est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2018.

Découvrez aussi

La gare de Brest : patrimoine de la Reconstruction et témoin de la résilience face aux périls

Cet article fait partie de la série consacrée au thème européen des Journées européennes du patrimoine 2026 : « Patrimoine en péril : redonner vie, résister, réinventer ». Retrouvez nos articles sur notre plateforme dédiée au patrimoine de la SNCF jusqu’aux samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026 ! Une ville sous les bombes alliées […]

En savoir plus

Poursuivez l’expérience JEP 2025 avec le Centre National des Archives du personnel !

Les Journées Européennes du Patrimoine 2025 sur le site des archives de Béziers ont été une excellente occasion de découvrir l’histoire des cheminots. En plus de vingt ans d’existence, le centre d’archives de Béziers a collecté près de 3,5 millions de dossiers individuels du personnel des compagnies de chemin de fer et de la SNCF. […]

En savoir plus