Depuis 2023, la façade principale de la gare de Lyon fait l’objet d’une vaste campagne de restauration. Ce projet sera au cœur d’un événement exceptionnel organisé le samedi 19 septembre prochain à l’occasion des Journées européennes du patrimoine SNCF. Entrez dans les coulisses de cette opération de grande envergure ! Cet article fait partie de […]
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Depuis 2023, la façade principale de la gare de Lyon fait l’objet d’une vaste campagne de restauration. Ce projet sera au cœur d’un événement exceptionnel organisé le samedi 19 septembre prochain à l’occasion des Journées européennes du patrimoine SNCF. Entrez dans les coulisses de cette opération de grande envergure !
Cet article fait partie de la série consacrée au thème européen des Journées européennes du patrimoine 2026 : « Patrimoine en péril : redonner vie, résister, réinventer ». Retrouvez nos articles sur notre plateforme dédiée au patrimoine de la SNCF jusqu’aux samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026 !
Outre le fait qu’il s’agit d’assurer l’entretien du bâti et sa mise aux normes de sécurité, une mission centrale de SNCF Gares & Connexions, l’objectif de ce projet est de redonner à la façade son apparence originelle, telle qu’elle a été conçue par l’architecte Marius Toudoire à l’aube de l’exposition universelle de 1900. C’est pourquoi le projet se présente non seulement comme un chantier de restauration, mais aussi de « restitution », comme le souligne Jérémy Lerouyer, directeur de projets SNCF Gares & Connexions.
« Certains éléments architecturaux ont disparu à la fin des années 1940. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, il y avait des nécessités de restauration que la SNCF n’avait pas les moyens financiers, matériels ou humains d’entreprendre, la priorité ayant été donnée à la Reconstruction. Des éléments patrimoniaux ont ainsi disparu à l’époque, certains pourtant emblématiques de la façade ».
Parmi ces éléments disparus figurent des crêtes décoratives en zinc avec des épis sommitaux sur le toit et un blason monumental qui seront restitués au terme du chantier de restauration. C’est grâce à un minutieux travail sur les archives et au concours d’un historien spécialisé dans le patrimoine ferroviaire que les plans et dessins originaux de ces pièces ont été retrouvés.
Ce projet, d’une durée totale de quatre ans (le chantier à proprement parler se concentre pour sa part entre 2025 et 2027), ne mobilise pas moins de 70 entreprises pour un coût total de 20 millions d’euros. Comme le rappelle Denis Prelorenzo, chef de projets communication travaux et grands projets, SNCF Gares & Connexions a pour cœur de métier, à côté de l’exploitation des gares au bénéfice des voyageurs et des entreprises ferroviaires, de construire, d’aménager mais aussi d’entretenir et de restaurer des « bâtiments complexes reçus en héritage en prenant soin, via des appels d’offres, de choisir des partenaires aux compétences très poussées ». Ce chantier s’inscrit dans un schéma directeur de restauration patrimoniale de la gare de Lyon entrepris depuis 2015 qui a déjà inclus la tour de l’horloge, la galerie des fresques, la cour Chalon, ou encore la petite halle voyageurs.
Paris-Lyon, une gare historique d’une grande valeur patrimoniale
La façade principale est inscrite au titre des Monuments historiques depuis 1984. Construit en l’espace record de cinq ans, le bâtiment complète les structures préexistantes de la gare de Lyon, appartenant alors à la compagnie du Paris-Lyon-Méditerranée (P.L.M.), datées pour les plus anciennes de 1847 et dues à l’architecte François-Alexis Cendrier. À partir de 1895, la gare est en effet totalement repensée afin de l’embellir et de l’agrandir dans la perspective de l’exposition universelle de 1900 et des 15 millions de voyageurs alors attendus pour l’événement. La grande et la petite halle voyageurs, ainsi que la tour de l’horloge, faisaient partie du projet.
La façade de style classique – l’architecte Marius Toudoire était en effet issu de l’école des Beaux-Arts – a fait l’objet de nombreuses critiques à l’époque pour son caractère jugé théâtral, à cause de ses nombreux balcons et entresols. Elle présente toutefois des éléments tout à fait innovants comme les lucarnes monumentales, mais aussi dans le domaine de la construction avec la charpente mixte de bois et de métal ou l’isolation thermique des combles par des briques de liège, pour ne citer que quelques exemples.
Par ailleurs, le bâtiment, en dépit de sa construction rapide destinée à répondre à un événement circonscrit dans le temps, s’inscrit dans la durée grâce à la qualité exceptionnelle des matériaux utilisés, notamment des pierres et du zinc, qui a permis au bâtiment de traverser plus d’un siècle dans des conditions remarquables et d’accueillir aujourd’hui plus de 115 millions de voyageurs par an.
Une façade parlante
Comme le souligne Coralie Buchart, conductrice d’opérations pour AREP, les sculptures monumentales et bas reliefs de la façade illustrent la révolution industrielle, ses avancées technologiques en matière de transport et le thème du voyage dans un style « Art Nouveau » qui utilise le répertoire de l’iconographie et de la symbolique traditionnelles.
Quatre hauts reliefs figurent les composants de la révolution industrielle : la navigation, la vapeur, l’électricité et la mécanique. Ces caractères du voyage moderne s’allient aux blasons en mosaïque portant les armoiries des villes desservies par le P.L.M., une tradition figurative qui caractérise les gares depuis les débuts du chemin de fer et à laquelle appartiennent aussi les bas reliefs représentant le Caducée, attribut d’Hermès-Mercure, le dieu gréco-romain protecteur des voyageurs et du commerce. Le nom poétique « L’envolée vers le pays des fleurs » de la sculpture monumentale de Georges Récipon, située en haut du pavillon, peut évoquer également le voyage vers d’autres contrées. Enfin, outre les groupes qui les représentent, des allégories de la pêche et de la chasse évoquent les villes de Marseille et de Paris.
Les sculpteurs – Louis Baralis, Charles-Louis Beylard, Félix Charpentier, Paul Gasq, Emile Peynot – sont originaires, à une exception près, des villes desservies par le réseau P.L.M. : Bollène, Dijon, Toulon, Villeneuve-sur-Yonne…, une volonté du P.L.M. qui a retenu le même principe dans le choix des peintres décorateurs du restaurant Le Train Bleu construit au même moment.
Un événement exceptionnel pour les Journées européennes du patrimoine SNCF 2026
Le samedi 19 septembre prochain, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, les artisans chargés de la restauration de la façade historique accueilleront le public sur le parvis de la gare de Lyon afin de partager leur savoir-faire pour une journée exceptionnelle. Échanges, démonstrations et présentations du chantier rythmeront la journée pour illustrer le thème européen annuel de l’événement : « Patrimoine en péril : redonner vie, résister, réinventer ».
Nos remerciements à Jérémy Lerouyer, directeur de projets SNCF Gares & Connexions, Coralie Buchart, conductrice d’opérations à AREP, ainsi qu’à Denis Prelorenzo, chef de projets communication travaux et grands projets SNCF Gares & Connexions, pour leur chaleureux accueil et leurs témoignages.
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