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MASSUYEAU Marcel

Né le 26 novembre 1892 à Fontenay-le-Comte (Vendée) Mort en déportation le 26 octobre 1944 à Hersbruck (Allemagne). Marcel (Georges, Ernest) Massuyeau est le fils du chef de la gare de Beillant, sur la ligne de Chartres à Bordeaux, en Charente-Inférieure. Il entre aux Chemins de fer de l’État le 10 avril 1911 comme élève […]

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Marcel MASSUYEAU

Né le 26 novembre 1892 à Fontenay-le-Comte (Vendée)
Mort en déportation le 26 octobre 1944 à Hersbruck (Allemagne).

Marcel (Georges, Ernest) Massuyeau est le fils du chef de la gare de Beillant, sur la ligne de Chartres à Bordeaux, en Charente-Inférieure. Il entre aux Chemins de fer de l’État le 10 avril 1911 comme élève piqueur à l’essai à Bécon-les-Bruyères au service de la Voie. Mobilisé, il combat pendant toute la Première Guerre mondiale. À son retour, il se marie avec Alice Reval le 12 février 1919. Le couple aura deux filles, Colette et Monique. Il reprend son service le 17 avril 1919 à Mantes, avant d’être muté à Vernon (Eure) comme piqueur à la Voie. Il est révoqué suite aux grèves de 1920 mais réintégré, par décision du 24 juillet 1924, dans le même emploi mais cette fois-ci à Paris-Montparnasse. Il gravit les échelons et devient chef de district de 1re classe à Vimoutiers, Mesnil-Mauger de 1927 à 1930, Saint-Jean-d’Angély de 1930 à 1933 et Parthenay de 1933 à 1935. Le 15 mars 1935, il est muté à Sainte-Pazanne en Loire-Inférieure.

Ce patriote choisit de résister. En mai 1943, il rejoint le réseau Cohors-Asturies sous le pseudonyme de « Le Moineau ». Grâce à son emploi, il fournit de précieux renseignements et facilite des passages pour des aviateurs alliés. Il s’emploie à couvrir toute la zone géographique de la Basse-Loire.

Mais, à partir de janvier 1944, les services allemands commencent à frapper le réseau. La Sipo-SD [Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst, police de sûreté et service de sûreté] appréhende Marcel Massuyeau dans son bureau à Sainte-Pazanne, le 20 mai 1944. Il est emmené et interné à la prison Lafayette à Nantes. Placé en détention de sécurité, il est transféré à Compiègne-Royallieu (n° 40336), préalablement à sa déportation le 18 juin au camp de concentration de Dachau (matricule 72766).

Dès la fin de la quarantaine, il est envoyé au travail forcé à Flossenbürg et dans son terrible Kommando d’Hersbruck, près de Nuremberg, où les détenus doivent déblayer des roches pour aménager des galeries souterraines. Il y meurt le 26 octobre 1944.

Décoré de la Croix de guerre, médaillé de la Résistance, Marcel Massuyeau a obtenu la mention « Mort pour la France » en juillet 1948 et le titre de Déporté résistant en avril 1964. Son épouse s’est vu délivrer deux attestations de reconnaissance : l’une signée par le général Eisenhower et l’autre par le gouvernement britannique. Quant à la SNCF, elle rappelle sa mémoire aux gares de Sainte-Pazanne, où une plaque lui est consacrée, et de Nantes. Son frère Paul Massuyeau participa activement aux combats de la libération de Paris.

Stéphane Simonnet, Hervé Barthélémy

Photo : Marcel Massuyeau. Service historique de la Défense, division des Archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC).

Sources : SNCF, 118 LM 108/1 ; SNCF, 2008/024/ÉTAT/1029/8 ; SHD DAVCC, 21 P 514083 ; AD Loire-Atlantique, 1694 W 14, 1 J 1004 ; RM (informations de Carlos Fernandez) ; CGC ; FMD

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

Mémoire

MANO Marcel

Né le 5 décembre 1919 à Villegouge (Gironde) Disparu en déportation le 13 mars 1945, probablement à Mauthausen (Autriche). Fils du cheminot François Mano et de Jeanne Casenove, après avoir été employé à la Compagnie de Saint-Gobain, Marcel (Jean) Mano entre au chemin de fer comme auxiliaire à Chantenay (Loire-Inférieure). Lorsque survient le second conflit […]

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Marcel MANO

Né le 5 décembre 1919 à Villegouge (Gironde)
Disparu en déportation le 13 mars 1945, probablement à Mauthausen (Autriche).

Fils du cheminot François Mano et de Jeanne Casenove, après avoir été employé à la Compagnie de Saint-Gobain, Marcel (Jean) Mano entre au chemin de fer comme auxiliaire à Chantenay (Loire-Inférieure). Lorsque survient le second conflit mondial, il réside rue du Petit-Joseph, à Nantes.

Rapidement, il s’engage avec ses frères, René et Raoul, dans l’organisation de résistance communiste Front national. À l’été 1942, les actions de plusieurs groupes s’enchaînent. Dans la nuit du 26 au 27 juillet 1942, un nombre considérable de feuilles et de cartes d’alimentation sont dérobées à la mairie de Saint-Sébastien-sur-Loire.

Le préfet de Loire-Inférieure prie alors Charles Detmar, chef du SPAC [le service de police anticommuniste], d’envoyer à Nantes le commissaire Lafouge pour mener l’enquête. Le service décide d’opérer des perquisitions chez des membres des Jeunesses communistes de Nantes susceptibles d’être encore en activité. Ils tombent ainsi le 31 juillet 1942 sur René Hénaff, un résistant du réseau Nantes-Nord qui est obligé de donner le nom de Marcel Mano comme étant un des destinataires des sommes d’argent récoltées et comme celui qui lui fournissait les tracts à diffuser.

À la suite de ces révélations, celui-ci est arrêté le jour même à son domicile par le SPAC d’Angers. Ses frères, Raoul et René, sont également interpellés. Les militants tombent les uns après les autres, au point que, le 25 août 1942, devant « l’extension des opérations », le commissaire Lafouge demande des renforts. Le 8 août, le juge d’instruction Le Bras délivre un mandat de dépôt contre Marcel Mano. D’abord interné à la prison Lafayette de Nantes, il passe ensuite par celle d’Angers le 21 août, puis revient à Nantes le 9 novembre avant d’être incarcéré le 10 février 1943 à la maison d’arrêt de Vitré (Ille-et-Vilaine) en vue de son procès qui doit s’ouvrir le lendemain.

Le 11 février, ils sont 21 à être extraits de leurs cellules pour comparaître devant la section spéciale de la cour d’appel de Rennes pour « activité communiste ». Le tribunal prononce deux relaxes et des peines allant d’un an de prison à sept ans de travaux forcés. Si Raoul Mano est condamné à un an de prison et 1 200 F d’amende, Marcel et René le sont à deux années de plus. Le chef du secteur nord de Nantes, Marcel Thomazeau, est condamné à sept ans de travaux forcés. Transféré à la maison centrale de Fontevrault (n° d’écrou 6589) le 17 septembre 1943, Marcel Mano est ensuite envoyé avec 139 camarades à la nouvelle prison de Blois (n° 84), qui est destinée à regrouper les prévenus condamnés pour des faits en lien avec l’activité terroriste et communiste afin de faciliter leur surveillance.

Le 18 février 1944, il est livré aux Allemands avec l’ensemble des détenus communistes de Blois et envoyé à Compiègne-Royallieu (n° 27888). Le 22 mars 1944, il est déporté à Mauthausen avec plus de 1 200 hommes, parmi lesquels se trouvent ses compagnons de résistance et de détention, mais aussi son frère René, alors que Raoul était parti le 16 septembre 1943 pour Buchenwald. Il arrive au camp après trois jours de voyage dans un wagon de marchandises et reçoit le matricule 60229. Enregistré comme menuisier (Tischler), il est employé comme tel au Kommando de Gusen, qu’il rejoint le 28 avril 1944 dans un convoi de 300 détenus destinés à travailler au projet Esche II, nom de code dissimulant une production d’armements à Gusen II. Très affaibli, il est admis à plusieurs reprises au Revier [infirmerie], entre le 9 septembre 1944 et le 13 mars 1945, date à laquelle il est reconduit à Mauthausen, où il entre immédiatement à l’infirmerie.

Joseph Lebreton et René Mano, qui ne l’avaient pas quitté depuis Fontevrault, indiquent ne plus avoir eu de ses nouvelles après son départ de Gusen le 13 mars 1945. Il a sans doute survécu plus d’un mois à son retour au camp central, les décès de détenus ayant été scrupuleusement enregistrés jusque dans les derniers jours ayant précédé la libération du site. Il a peut-être vu arriver l’armée américaine le 5 mai 1945, mais on perd ensuite sa trace. Ses deux frères sont rentrés en France en 1945.

Reconnu « Mort pour la France », le 13 août 1964, il a obtenu le titre de Déporté résistant, qui lui avait été d’abord refusé le 22 septembre 1955. Son nom figure sur le monument de la gare de Nantes.

Adeline Lee

Photo : Marcel Mano. Photo anthropométrique. Service historique de la Défense, division des Archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC).

Sources : SHD DAVCC, 21 P 512071, LA 7113, 6808, MA 16/2, 26 P 1132 (copie du registre original du camp de Mauthausen), 26 P 2272 (Häftling Personalkarte) ; AD Loir-et-Cher, 1375 W 61, W 34, W 119, W 95 ; RM (informations de Carlos Fernandez) ; CGC ; FMD.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

Mémoire

LAVENANT Henri

Né le 18 juin 1913 à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) Arrêté dans le Reich et mort le 20 mars 1945 au Kommando de Harzungen (Allemagne). Henri (Joseph, Marie) Lavenant est le fils des cheminots Henri Lavenant, né le 24 septembre 1886 à Pluméliau (Morbihan), et Marie Lauté, son épouse. Il entre aux Chemins de fer de l’État […]

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LAVENANT Henri

Né le 18 juin 1913 à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure)
Arrêté dans le Reich et mort le 20 mars 1945 au Kommando de Harzungen (Allemagne).

Henri (Joseph, Marie) Lavenant est le fils des cheminots Henri Lavenant, né le 24 septembre 1886 à Pluméliau (Morbihan), et Marie Lauté, son épouse. Il entre aux Chemins de fer de l’État le 24 mars 1937 en qualité d’aide-ajusteur à l’essai au dépôt de Saint-Nazaire, puis devient aide-ajusteur le 24 mars 1938. Célibataire, il habite chez ses parents à Careil-Guérande (Loire-Inférieure) et travaille comme aide-ajusteur au dépôt de Savenay lorsqu’il est mobilisé comme soldat de 2e classe au 112e régiment d’artillerie lourde.

Fait prisonnier le 27 juin 1940 en Alsace, Henri Lavenant est interné au Stalag I B à Hohenstein, puis le 11 septembre 1940 au Stalag VIII C à Sagan (matricule 56213), avant de rejoindre le Kommando 759 à Neusalz-an-der-Oder. Il travaille alors comme chauffeur de locomotive pour le compte d’une usine de la ville. Au printemps 1943, à la suite d’un « sabotage » commis sur sa locomotive – il serait en réalité entré en collision avec une automobile –, la Gestapo se rend à l’usine pour l’arrêter.

Par chance, Henri Lavenant est occupé au chargement de marchandises à la gare de Neusalz et « l’homme de confiance » du Kommando le fait prévenir du danger. À son retour au camp, il lui fournit une fausse identité, celle du STO Robert Santarelli, et le conduit à Breslau où il le confie à son homologue responsable du secteur qui parvient à le faire embaucher dans un garage de la ville.

Mais Henri Lavenant y est finalement arrêté en octobre 1944 par la Gestapo, puis transféré fin janvier 1945 au camp de concentration de Gross Rosen (matricule 95323). Début février 1945, le camp est évacué vers Dora. Un mois plus tard, il est transféré à Harzungen (matricule 118212). Il trouve la mort le 20 mars 1945 à l’infirmerie de ce Kommando.

Le titre de Déporté politique lui a été attribué le 13 octobre 1964, ainsi que la mention « Mort pour la France » le 14 novembre 1946.

Arnaud Boulligny

Photo : Henri Lavenant. Service historique de la Défense, division des Archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC).

Sources : SNCF, 118 LM 001/2 ; SNCF, 2001/001/ATDIV/355/42 ;SHD DAVCC, 21 P 70845, 21 P 587576, fichier national ; RM ; CGC ; FMD.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

Mémoire

LAIDET Étienne

Né le 25 décembre 1897 à Champ-Saint-Père (Vendée) Mort en déportation le 7 mars 1944 à Dora (Allemagne). À partir du 3 septembre 1916, Étienne (Jean, Louis) Laidet participe à la Première Guerre mondiale comme soldat de 2e classe. Il est démobilisé le 25 septembre 1919 et reçoit la Croix de guerre. Cheminot depuis le 20 […]

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Etienne LAIDET

Né le 25 décembre 1897 à Champ-Saint-Père (Vendée)
Mort en déportation le 7 mars 1944 à Dora (Allemagne).

À partir du 3 septembre 1916, Étienne (Jean, Louis) Laidet participe à la Première Guerre mondiale comme soldat de 2e classe. Il est démobilisé le 25 septembre 1919 et reçoit la Croix de guerre. Cheminot depuis le 20 octobre 1919, il occupe en 1943 la fonction de contrôleur adjoint des trains à Nantes (Loire-Inférieure). Ses compétences professionnelles sont reconnues. Marié avec Marguerite Birotheau et père d’un enfant, il est alors domicilié au 58, rue Paul-Bellamy, à Nantes.

À partir de janvier 1943, il appartient au réseau de résistance Alexandre-Buckmaster avec son fils Jean, un étudiant de 20 ans. Celui-ci est arrêté le 12 août 1943, et son père, Étienne, le 24 août, sur dénonciation pour stockage d’armes. Selon les déclarations de son épouse, Étienne Laidet a été interpellé à son domicile vers 22 h 30.

Il est interné à la prison Lafayette de Nantes du 24 août au 1er novembre 1943, puis transféré au camp de Compiègne, où il reçoit le n° 20016. Il y reste jusqu’à sa déportation à Buchenwald le 14 décembre 1943. À son arrivée deux jours plus tard, il est inscrit sous le matricule 38871. Le 22 janvier 1944, il est envoyé au Kommando de Dora où les conditions de détention et de travail sont dramatiques. Il y meurt le 7 mars 1944.

Son fils Jean reviendra de déportation à la suite de la libération de Buchenwald le 11 avril 1945. Il travaillera ensuite à la SNCF comme contrôleur principal.

Étienne Laidet est décoré de la Légion d’honneur le 5 mai 1950. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative à la gare de Nantes.

Lionel Roux

Photo : Etienne Laidet. Photographie anthropométrique. Service historique de la Défense, division des Archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC).

Sources : SNCF, 118 LM 108/1 ; SHD DAVCC, 21 P 67588, BU 7/2, 21/8 ;La Coupole ; RM (informations de Carlos Fernandez) ; CGC ; FMD ; DBMOF.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

Mémoire

JUVIN François

Né le 23 avril 1891 à Petit-Auverné (Loire-Inférieure) Mort en déportation le 8 août 1942 à Auschwitz (Pologne). François (Marie) Juvin est le fils de François Juvin et de Philomene Maillard, son épouse. Le 5 septembre 1919, il est embauché comme cantonnier à la Compagnie du Paris-Orléans. Il adhère très tôt à la section nantaise […]

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François JUVIN

Né le 23 avril 1891 à Petit-Auverné (Loire-Inférieure)
Mort en déportation le 8 août 1942 à Auschwitz (Pologne).

François (Marie) Juvin est le fils de François Juvin et de Philomene Maillard, son épouse. Le 5 septembre 1919, il est embauché comme cantonnier à la Compagnie du Paris-Orléans. Il adhère très tôt à la section nantaise du parti communiste et, dès 1921, au comité syndicaliste révolutionnaire. Il est candidat communiste aux élections municipales de mai 1925 sur la liste Bloc ouvrier et paysan, trésorier de L’Étoile prolétarienne en 1930. En octobre 1934, il est candidat communiste au conseil d’arrondissement dans le 2e canton de Nantes. Lors des élections cantonales d’octobre 1937, le parti communiste le présente comme candidat au conseil général dans la circonscription de Nozay. À partir de 1931 et jusqu’à son arrestation, François Juvin est domicilié avec son épouse Marguerite Nicolas au Val-d’Or, commune d’Orvault, limitrophe de Nantes. À la suite d’une blessure, il devient garde-barrière.

Il est arrêté le 23 juin 1941 lors de l’Aktion Theodorich lancée par la Sipo-SD (Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst), police de sûreté et service de sûreté] le jour du déclenchement de l’opération Barbarossa, qui conduit à l’arrestation de près de 1 300 militants et sympathisants communistes. Il figure en quinzième place sur une liste établie par la police allemande de 30 Funktionäre, cadres ou permanents du PCF clandestin.

Le 12 juillet, il est transféré au camp de Compiègne. Entre fin avril et fin juin 1942, il est choisi avec plus d’un millier d’otages communistes ou désignés comme tels et une cinquantaine d’otages considérés comme juifs pour être déporté « vers l’Est » en représailles des actions armées de la résistance communiste. Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le 8 juillet 1942, François Juvin est enregistré au camp d’Auschwitz-I sous le n° 45700.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont dirigés à pied au camp annexe de Birkenau, où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20. Le 10 juillet, à la suite de l’appel général et d’un bref interrogatoire – au cours duquel François Juvin se déclare comme cheminot (Eisenbahner) –, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos. Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des « 45 000 » à Birkenau –, François Juvin est dans la moitié des membres du convoi qui est ramenée au camp principal d’Auschwitz-I (Infirmerie). Là, il est assigné au Block 23 A. Le 21 juillet, il est admis au Revier d’Auschwitz [infirmerie], dans le Block 20, celui des maladies contagieuses. François Juvin meurt à Auschwitz le 8 août 1942, d’après les registres du camp ; un mois – jour pour jour – après l’arrivée de son convoi. L’acte de décès du camp indique pour cause – très probablement mensongère – de sa mort « entérite stomacale aiguë ».

La mention « Mort pour la France » est apposée sur son acte de décès et le titre de Déporté politique lui est attribué en 1954. Le nom de François Juvin est inscrit parmi les déportés sur la plaque « à la mémoire des agents SNCF Résistants, arrondissement de Nantes, 1939-1945 ».

Mémoire Vive

Photo : François Juvin. Photographie anthropométrique. Archives du Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne / Association Mémoire Vive.

Sources : SNCF, 118 LM 120/11 ; 118 LM 108/1 ;SNCF, MIC 1956/4082 ; SHD DAVCC, 21 P 467309 ; Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, archives du bureau d’information sur les anciens prisonniers ; RM ; CGC ; Fondation pour la mémoire de la Déportation ; Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, 2005 ; DBMOF ; Death Books from Auschwitz, t. II, 1995.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

Mémoire

JOLLY Georges

Né le 8 janvier 1919 aux Sables-D’Olonne (Vendée) Mort le 27 avril 1943 à Oberhausen (Allemagne). Georges Jolly, né 8 janvier 1919, était cantonnier auxiliaire au Service de la Voie et des Bâtiments de la SNCF à Nantes-Blottereau. Détaché dans le cadre du STO (Service du Travail Obligatoire) à la Deutsche Reichsbahn (chemins de fer […]

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Né le 8 janvier 1919 aux Sables-D’Olonne (Vendée)
Mort le 27 avril 1943 à Oberhausen (Allemagne).

Georges Jolly, né 8 janvier 1919, était cantonnier auxiliaire au Service de la Voie et des Bâtiments de la SNCF à Nantes-Blottereau.

Détaché dans le cadre du STO (Service du Travail Obligatoire) à la Deutsche Reichsbahn (chemins de fer allemands) à Oberhausen en Allemagne, il meurt victime d’un bombardement aérien de la Royal Air Force le 27 avril 1943.

C’est parce que son sort était inconnu au moment où le monument a été érigé que son nom figure sur la plaque en honneur des agents « Résistants morts en déportation ».

Mémoire

JAMET Sylvain

Né le 7 janvier 1899 à Montgivray (Indre) Mort en déportation le 22 janvier 1945 à Melk (Autriche). De la classe de recrutement 1916-1919, bureau de Châteauroux, Sylvain (Jean) Jamet effectue son service militaire au 51e régiment d’artillerie du 29 décembre 1917 au 29 décembre 1920. Juste avant sa démobilisation, il se marie le 4 décembre […]

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Né le 7 janvier 1899 à Montgivray (Indre)
Mort en déportation le 22 janvier 1945 à Melk (Autriche).

De la classe de recrutement 1916-1919, bureau de Châteauroux, Sylvain (Jean) Jamet effectue son service militaire au 51e régiment d’artillerie du 29 décembre 1917 au 29 décembre 1920. Juste avant sa démobilisation, il se marie le 4 décembre 1920 à Marie-Thérèse Bouillet, avec laquelle il aura deux filles : Yvette (24 février 1924) et Christiane (22 mai 1930). Après avoir été employé de commerce, il entre à la Compagnie du Paris-Orléans le 2 novembre 1923 comme homme d’équipe à l’essai à la résidence de Chantenay (Loire-Inférieure) avant d’être affilié à la caisse de retraite et définitivement embauché, puis de passer homme d’équipe un an plus tard. À partir d’octobre 1927, il fait fonction de facteur mixte (employé commercial) à Malestroit (Morbihan), emploi qu’il conserve le reste de sa carrière dans plusieurs villes : le 13 janvier 1928 à la résidence de Questembert, puis celle de Chantenay le 1er janvier 1930, celle de La Possonnière le 16 mars 1936, à La Bourse le 19 septembre, enfin à Nantes-Blottereau (Loire-Inférieure) le 1er mai 1941. Apprécié de ses chefs, en 1939-1940 il est affecté spécial et réside avec sa famille au 46, route de Saint-Luce, à Nantes.Dans la nuit du 2 au 3 mars 1944, Sylvain Jamet est arrêté à Nantes pour détention de tracts du Front national (une organisation communiste) comme son collègue de la SNCF Pierre Piron. Selon sa femme, sa fille aînée, Yvette, et son futur gendre, Adrien Rousseau, auraient été impliqués dans cette affaire. La nature de l’activité de Sylvain dans les rangs du Front national est impossible à préciser.

Interné d’abord à la maison d’arrêt de Nantes, il est ensuite envoyé à Compiègne-Royallieu (n° 28847). Déporté à Mauthausen avec Pierre Piron et près de 1 500 détenus le 6 avril, il y est immatriculé 62581, puis envoyé à Melk le 24 avril 1944. Ce site est choisi au début de l’année 1944 pour accueillir un nouveau camp dans la caserne von Birago, en raison notamment de son sous-sol qui sera à l’origine du nom de code du projet auquel travailleront les détenus : le projet Quarz. Employé à un poste de manœuvre (Hilfsarbeiter), Sylvain Jamet est autorisé à écrire à sa famille depuis le Block 1 de Melk. Il y meurt le 22 janvier 1945.

Sylvain Jamet a obtenu la mention « Mort pour la France » et le titre de Déporté politique le 28 mai 1962. Il est titulaire de la Croix de guerre 1914-1918. La SNCF rappelle sa mémoire en gares de Nantes-Blottereau et de Nantes.

Adeline Lee

Sources : SNCF, 118 LM 108/1 ; SNCF, 2009/002/ÉTAT/272 ; SNCF, MIC 1995/6922 ;SHD DAVCC, 21 P 465218, LA 21833, 11698, MA 13/2, 16/2, 41/6, 26 P 1132 (registre matriculaire original du camp de Mauthausen) ; AD Loire-Atlantique, 1694 W 14 ; RM ; CGC ; FMD ; DBMOF.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

Mémoire

DOUET Gaston

Né le 4 juin 1910 à Châteaubriant (Loire-Inférieure) Mort en déportation le 1er mars 1943 à Hinzert (Allemagne). Fils de Jules Douet et de Sidonie Cochin, Gaston Douet se marie le 12 octobre 1934 à Châteaubriant avec Léa Hervé. Ils auront quatre enfants : Maryvonne (née en août 1936), Joëlle (mai 1938), Mauricette (août 1939) et […]

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DOUET Gaston

Né le 4 juin 1910 à Châteaubriant (Loire-Inférieure)
Mort en déportation le 1er mars 1943 à Hinzert (Allemagne).

Fils de Jules Douet et de Sidonie Cochin, Gaston Douet se marie le 12 octobre 1934 à Châteaubriant avec Léa Hervé. Ils auront quatre enfants : Maryvonne (née en août 1936), Joëlle (mai 1938), Mauricette (août 1939) et Noël (décembre 1940). Après avoir été cimentier, Gaston Douet entre au Réseau des Chemins de fer de l’État le 12 février 1937 et devient manœuvre au dépôt de Nantes Sainte-Anne (Loire-Inférieure). La famille s’installe en ville.

Mobilisé en 1939-1940, dans le cadre de l’affectation spéciale, le cheminot est remis à la disposition de la SNCF en juillet 1940. Soupçonné de propagande communiste et d’avoir participé à un attentat sur la voie ferrée entre Pont-Rousseau et Bouguenais, il est arrêté en avril 1942, chez lui, par la police française. Emprisonné à Nantes, il est déféré au parquet le 27 mars, puis remis en liberté provisoire le 2 mai.

Le 12 mai 1942, il est de nouveau arrêté, cette fois par les autorités allemandes. Interné à La Rochelle (Charente-Inférieure), il est ensuite transféré à Fresnes (Seine-et-Oise). Il est classé NN (Nacht und Nebel), ce qui implique sa déportation rapide et en secret vers le Reich.

Le 5 novembre 1942, il quitte la gare de l’Est en direction du camp spécial de la SS d’Hinzert. Gaston Douet y meurt, le 1er mars 1943, des mauvais traitements subis durant ces mois de détention.

La mention « Mort pour la France » est apposée sur son acte de décès et le titre de Déporté politique lui est attribué en 1954. Son nom figure sur le monument aux morts de la gare de Nantes.

Guillaume Quesnée, Carlos Fernandez

Photo : Gaston Douet. Archives familiales. Association Rail et Mémoire.

Sources : SNCF, 118 LM 108/1 ; SNCF, D00239530 ; SNCF, 2001/001/ATDIV/162/30 ; SHD DAVCC, 21 P 444578 ; AD Loire-Atlantique, 1698 W 113, 1694 W 12 ; RM ; CGC ; FMD

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

Mémoire

BOURGEOIS Pierre

Né le 7 avril 1896 à Abbaretz (Loire-Inférieure) Mort en déportation le 24 août 1944 à Buchenwald (Allemagne). Pierre Bourgeois est le fils de Jean Bourgeois et de Jeanne Lebreton. Appelé au service militaire en 1915, il combat durant toute la Première Guerre mondiale et n’est démobilisé qu’en octobre 1919. En mai 1920, il entre […]

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Né le 7 avril 1896 à Abbaretz (Loire-Inférieure)
Mort en déportation le 24 août 1944 à Buchenwald (Allemagne).

Pierre Bourgeois est le fils de Jean Bourgeois et de Jeanne Lebreton. Appelé au service militaire en 1915, il combat durant toute la Première Guerre mondiale et n’est démobilisé qu’en octobre 1919. En mai 1920, il entre à la Compagnie du Paris-Orléans comme auxiliaire. Il est titularisé en mai 1921 et devient cantonnier à Chantenay (Loire-Inférieure), près de Nantes, où il habite avec son épouse, Marie-Louise Blais, blanchisseuse. Ensemble, ils ont deux enfants : Odette, née en novembre 1924, et Jean, né en avril 1927. Militant communiste, Pierre Bourgeois est membre du syndicat unitaire des cheminots.Durant l’Occupation, il fabrique et distribue des tracts. Il assure aussi des liaisons avec le groupe FTP de la gare de Nantes-Blottereau. En décembre 1942, la mairie de Nantes et la police française reçoivent une lettre anonyme dénonçant ses activités. Le 31 du mois, le domicile de Pierre Bourgeois est perquisitionné et il est arrêté, accusé de détention de machine à écrire, de confection et distribution de tracts, ainsi que de sabotage de matériel ferroviaire.

Le 15 avril 1943, il est condamné par la section spéciale de la cour d’appel de Rennes à deux ans de prison et 1 200 F d’amende. Il est incarcéré successivement dans les prisons françaises de Nantes, Vitré, Poissy, Melun, Châlons-sur-Marne. Au printemps 1944, à leur demande, il est livré aux Allemands et conduit au camp de Compiègne, où il reçoit le numéro 33458.

Sa déportation est déjà décidée. Aussi part-il rapidement, dès le 12 mai 1944, dans un important convoi de 2 073 hommes qui prend la direction du camp de concentration de Buchenwald. Immatriculé 51343 le 14, Pierre Bourgeois y meurt le 24 août 1944, lors d’un raid aérien allié qui vise et détruit l’usine d’armement de la Gustloff, installée à côté du camp.

La mention « Mort pour la France » a été apposée sur son acte de décès et il reçoit en 1963 le titre de Déporté résistant. Son nom figure sur la plaque de la gare de Nantes.

Guillaume Quesnée, Carlos Fernandez

Sources : SHD DAVCC, 21 P 429368 ; AD Loire-Atlantique, 1693 W 109, 1694 W 44 ; RM ; CGC ; FMD ; DBMOF ; Notre métier (magazine interne de la SNCF), n° 82.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

Mémoire

BESNIER Gabriel

Né le 25 juillet 1889 à Paris XXe (Seine) Mort en détention le 6 mars 1941 au Croisic (Loire-Inférieure). Avant d’entrer aux Chemins de fer de l’État en 1918, Gabriel Besnier s’est d’abord engagé à 18 ans dans la Marine nationale. C’est après une carrière de chauffeur de locomotive qu’il prend sa retraite à Nantes, en […]

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Gabriel BESNIER

Né le 25 juillet 1889 à Paris XXe (Seine)
Mort en détention le 6 mars 1941 au Croisic (Loire-Inférieure).

Avant d’entrer aux Chemins de fer de l’État en 1918, Gabriel Besnier s’est d’abord engagé à 18 ans dans la Marine nationale. C’est après une carrière de chauffeur de locomotive qu’il prend sa retraite à Nantes, en Loire-Inférieure. On ne lui connaît pas jusqu’à la déclaration de guerre d’activités syndicales ou politiques. Il appartenait simplement à une association d’anciens combattants.

C’est pourtant une activité supposée ou un lien avec le parti communiste désormais interdit qui provoque son arrestation, chez lui, le 17 février 1941. Lors de la perquisition, le revolver avec lequel sa fille s’était suicidée en 1932, qu’il avait conservé, est découvert. Emmené à la prison Lafayette de Nantes où il passe la nuit, il est transféré le lendemain au centre de séjour surveillé du Croisic.

Dans un courrier du 22 février adressé au préfet, son épouse alerte les autorités sur l’état de santé préoccupant de son mari, qui était soigné pour une maladie pulmonaire. Il attend malgré tout pendant neuf jours la visite d’un médecin, qui constate alors son état critique. Mais son transfert à l’hôpital est refusé. Il meurt en détention le 6 mars 1941, à midi, d’une pleurésie.

Le titre d’Interné politique lui est reconnu en janvier 1963. Son nom a été gravé sur le monument visible en gare de Nantes, « à la mémoire des agents SNCF résistants. Arrondissements de Nantes ».

Carlos Fernandez, Clément Gosselin

Photo : Gabriel Besnier. Archives familiales. Association Rail et Mémoire.

Sources : SHD DAVCC, dossier statut ; Archives départementales de la Loire-Atlantique, 1693 W 117 et 118, 1694 W 43 et 45 ; RM ; CGC.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).