Archive

Gares et réseau ferré

Quand l’architecture entre en gare !

A l’occasion des Journées européennes du Patrimoine placées cette année sous le thème « Patrimoine des itinéraires,  des réseaux et des connexions », le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement, en partenariat avec la SNCF, lance ce vendredi 20 septembre 2024 une nouvelle promenade urbaine sur son application gratuite « Détour, Paris en promenade ». Cette promenade […]

 Posté le

A l’occasion des Journées européennes du Patrimoine placées cette année sous le thème « Patrimoine des itinéraires,  des réseaux et des connexions », le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement, en partenariat avec la SNCF, lance ce vendredi 20 septembre 2024 une nouvelle promenade urbaine sur son application gratuite « Détour, Paris en promenade ». Cette promenade met à l’honneur le patrimoine parisien d’un quartier modelé par le réseau ferré, entre Gare du Nord et Gare de l’Est.

© V. Guiné – CAUE de Paris

Le passage à l’âge industriel bouleverse Paris et son paysage urbain, comme en témoigne le nord du 10ᵉ  arrondissement. À partir de la fin des années 1830, l’infrastructure ferroviaire commence à transformer le tissu urbain ancien et les compagnies de chemin de fer aménagent le territoire. De nouveaux entrepreneurs comme les frères Pereire et les Rothschild emploient leurs capitaux à favoriser le développement des transports ferroviaires et leur associent d’importantes opérations immobilières et urbaines.

Symbole de modernité, l’architecture de métal et de verre se développe pour différents types de programmes et devient le terrain d’expérimentation des plus grands architectes de l’époque : bibliothèque Sainte-Geneviève de Labrouste, marché des Halles centrales de Baltard, gares monumentales…

Les gares de l’Est et du Nord sont des modèles du genre. Construites peu après les fortifications de Thiers, elles sont pensées comme des entrées de villes, s’inscrivant dans l’histoire des portes des enceintes successives de Paris.

Inaugurées en 1846 et 1849, reconstruites, agrandies, elles sont des marqueurs forts de l’espace urbain : points de repère, monuments historiques et portes d’entrée de la ville, elles n’ont pas cessé d’évoluer et de se transformer pour accompagner le développement de la mobilité et répondre aux demandes de la société.

Au moment où aboutit Horizon 2024, vaste projet d’adaptation et de rénovation de la gare du Nord porté par SNCF Gares & Connexions et sa filiale AREP pour une gare plus ouverte sur la ville, plus fluide, plus lisible, plus confortable et plus verte, cette nouvelle promenade vous permet de porter un regard neuf sur un quartier en pleine mutation autour de la Gare du Nord et de la Gare de l’Est en lui restituant son épaisseur temporelle, du XIXe au XXIsiècle. Les gares désignent souvent, par extension, le quartier qui les entoure.

En parcourant ce quartier de gares, nous vous proposons de découvrir les résonnances architecturales et urbaines de cette histoire ferroviaire !

© V. Guiné – CAUE de Paris

Ce parcours est proposé en partenariat avec le CAUE de Paris. Nous remercions également les associations Rails et Histoire et Histoire & Vies du 10ᵉ pour leurs contributions.

La SNCF est l’héritière d’un patrimoine exceptionnel. Il témoigne de la continuité de l’innovation ferroviaire qui a permis au pays d’entrer dans la modernité. Deux siècles d’histoire marquent de leur empreinte tout le territoire français à travers le réseau ferré, ses ouvrages d’art et ses gares, dont la Gare du Nord et la Gare de l’Est sont des exemples emblématiques par leur ambition urbaine. La SNCF invite Parisiens et visiteurs à découvrir deux siècles de patrimoine ferroviaire urbain.

Le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) de Paris est une association départementale, créée par la loi sur l’architecture de 1977 pour promouvoir la qualité architecturale, urbaine et environnementale. Le CAUE a lancé en février 2023 l’application mobile gratuite : « Détour, Paris en promenade ». Elle propose à ce jour des promenades thématiques et adaptées à tous les publics qui permettent au cours d’une promenade, sur les lieux ou de chez soi, d’en savoir davantage sur l’urbanisme, l’architecture, le paysage, l’environnement et le patrimoine de Paris. Étape après étape, le promeneur enrichit son parcours grâce à un contenu pédagogique pensé par des professionnels de la ville et de la médiation, comprenant aussi bien du texte que des photographies, des audios, ou des points de réalité augmentée, afin de proposer une expérience totale, ludique et interactive.

Gares et réseau ferré

Inauguration de la boiserie Art déco de 1929 restaurée en gare de Limoges Bénédictins

La restauration de la magnifique boiserie Art déco de la gare de Limoges Bénédictins, datant de 1929, s’est achevée le 19 juin 2024 et vient augmenter la richesse artistique de la Plus Belle Gare de France 2023. Protégée au titre des Monuments Historiques avec l’ensemble de la gare, elle est un témoignage unique de l’aménagement […]

 Posté le

La restauration de la magnifique boiserie Art déco de la gare de Limoges Bénédictins, datant de 1929, s’est achevée le 19 juin 2024 et vient augmenter la richesse artistique de la Plus Belle Gare de France 2023. Protégée au titre des Monuments Historiques avec l’ensemble de la gare, elle est un témoignage unique de l’aménagement et du mobilier originels. Lors de l’inauguration de la gare ce mobilier taillé dans un lourd bois exotique divisait le hall en deux et réunissait les services offerts aux voyageurs : billets, boutique et comptoirs d’enregistrement des bagages, salles d’attente des trois classes de l’époque, librairie, télégraphe, bureaux. Ce « grand meuble » constituait la « gare intérieure » sous le dôme du bâtiment dessiné par Roger Gonthier. L’élément préservé, aujourd’hui de nouveau présent en gare, est un très haut panneau de plus de six mètres en forme de portique portant une carte, peinte à l’huile sur toile par l’atelier de Francis Chigot, maître-verrier limougeaud. Elle apporte aux voyageurs des renseignements pratiques sur les atouts touristiques du Limousin-Marche-Périgord-Quercy. La carte est surmontée d’une frise en émaux de porcelaine de Limoges, dont le procédé et le dessin sont l’œuvre Camille Tharaud, limougeaud lui aussi. Les boiseries en bois d’iroko ont été dessinées par l’architecte du Paris-Orléans Louis Brachet.

Détail de la carte

En 1979, lorsque l’ensemble mobilier est démantelé pour faire place à nos nouvelles façons de voyager qui impliquent la circulation fluide du public dans l’espace des gares, des cheminots décident de sauvegarder cette boiserie destinée à la destruction : elle est restée cachée pendant plus de quarante ans, sous la garde du musée HistoRail®.  En 2019, HistoRail® la sort de sa cachette. La DRAC Nouvelle-Aquitaine décide alors de soutenir sa restauration et sa réinstallation dans sa gare d’origine. La Maîtrise d’Ouvrage du projet est déléguée par convention par SNCF Gares & Connexions à l’association HistoRail® qui a assuré la pérennité de l’œuvre durant plusieurs décennies. Le projet de restauration est lancé en partenariat avec le Groupe SNCF et SNCF Gares & Connexions. HistoRail lance un appel aux dons qui a été entendu par des centaines de personnes, des associations, des entreprises. C’est ce grand mouvement de sympathie autant que le travail des restaurateurs des trois éléments – boiserie, toile peinte, porcelaine – qui sera célébré le vendredi 20 septembre 2024, veille des Journées du patrimoine,

©HistoRail – La boiserie restaurée

Ce jour-là, l’inauguration – réservée aux financeurs et donateurs – se fera dans la hall « des pas perdus » devant la boiserie. Cependant tous les visiteurs et voyageurs présents pourront profiter d’un groupe de jazz réputé convié par HistoRail®, qui fera résonner de boogies-woogies endiablés le dôme de la magnifique gare de Limoges. Attention : la jauge est limitée à 300 personnes pour respecter le plan Vigipirate. Elle peut être réduite par la Préfecture en cas de renforcement des conditions de sécurité. Les donateurs et les voyageurs seront prioritaires pour accéder à la gare.

©SNCF – Gare de Limoges

Un grand concert de jazz au CCM Jean-Gagnant de Limoges est également prévu lors de cette journée festive.

Enfin, dans la salle Georges-Clancier à la Bibliothèque Francophone Multimédia se déroulera l’après-midi du ce jour inaugural, vendredi 20 de 15 h à 16 h 30, une conférence réunissant plusieurs intervenants, Monsieur Nicolas Vedelago, Conservateur régional adjoint des monuments historiques à la DRAC de Nouvelle-Aquitaine, , Madame Florence Brachet-Champsaur Directrice patrimoine et politique mémorielle SNCF, Monsieur Jacques Ragon, maître d’ouvrage délégué à la restauration et président-fondateur honoraire du musée HistoRail®.

L’histoire des gares de Limoges et particulièrement de la gare ouverte en 1929, « grands meubles » vous sera présentée par Monsieur Vedelago. Madame Brachet-Champsaur expliquera la politique patrimoniale et mémorielle de SNCF. Jacques Ragon racontera l’aventure rocambolesque de cette boiserie sauvegardée clandestinement et de sa restauration.

En bref, vendredi 20 septembre 2024 : 
  • Inauguration de 12 h à 12 h 45, Gare de Limoges-Bénédictins, 7, place Maison-Dieu, 87000 Limoges
  • Conférence de 15 h à 16 h 30, Bibliothèque francophone multimédia – Pôle Limousin et patrimoine 2, place Aimé-Césaire, 87000 Limoges
  • Concert au CCM Jean-Gagnant, 7, avenue Jean-Gagnant, 87000 Limoges, à partir de 20h30 . Tarif : 20€. Réservation sur www.historail.org
Gazette

En gare du Mans, lancez-vous dans un escape game à bord d’un TER !

On finit l’été en beauté avec un escape game dans le train des Olympiades ! Le samedi 31 août 2024, embarquez en gare du Mans pour un escape game insolite à bord d’une rame TER. La SNCF et Secret’Mans proposent aux 8-18 ans une animation sur le thème des Jeux olympiques modernes : en équipes, […]

 Posté le

On finit l’été en beauté avec un escape game dans le train des Olympiades !

Le samedi 31 août 2024, embarquez en gare du Mans pour un escape game insolite à bord d’une rame TER. La SNCF et Secret’Mans proposent aux 8-18 ans une animation sur le thème des Jeux olympiques modernes : en équipes, vous serez invités à découvrir les athlètes français ayant marqué la compétition dans leur discipline et à vous lancer dans un véritable voyage dans le temps à travers cinquante ans d’histoire des Jeux – à condition de trouver le code d’or ! L’événement sera aussi l’occasion de sensibiliser les participants au matériel ferroviaire et aux bons comportements à observer.

Quand ? Samedi 31 août, de 10 h à 16 h. Onze sessions de 30 mn sont prévues.

Où ? Gare SNCF Le Mans, Place du 8 mai 1945, 72000 Le Mans

Inscription gratuite sur https : https://my.weezevent.com/aleop-direction-les-jo

Gares et réseau ferré

La gare de Bordeaux-Saint-Jean : la gare du Midi

Au 19e siècle, la ville de Bordeaux était desservie par trois compagnies qui avaient chacune leur gare respective : celle, plus modeste, de la Compagnie d’Etat, celle du Paris-Orléans, la gare de Bordeaux-Bastide et enfin la gare de la Compagnie du Midi. Au 19e siècle, la ville de Bordeaux était desservie par trois compagnies qui avaient […]

 Posté le

Au 19e siècle, la ville de Bordeaux était desservie par trois compagnies qui avaient chacune leur gare respective : celle, plus modeste, de la Compagnie d’Etat, celle du Paris-Orléans, la gare de Bordeaux-Bastide et enfin la gare de la Compagnie du Midi. Au 19e siècle, la ville de Bordeaux était desservie par trois compagnies qui avaient chacune leur gare respective : celle, plus modeste, du réseau de l’État, la gare de Bordeaux-Bastide du Paris-Orléans et enfin la gare de la Compagnie du Midi. Progressivement, la gare du Midi, de petite taille et construite provisoirement en bois, prend le dessus, notamment grâce à la construction en 1860 de la passerelle Eiffel, du nom de son maître d’œuvre, seul pont ferroviaire permettant de traverser la Garonne à Bordeaux. Devenue la principale de la ville, la gare du Midi est reconstruite de 1889 à 1898 avec le concours de Louis Choron, ingénieur des Ponts et Chaussées employé par la Compagnie et spécialiste de l’architecture métallique et de l’architecte Marius Toudoire, également auteur de la gare de Lyon à Paris et de la gare de Toulouse-Matabiau. L’immense bâtiment des voyageurs, flanqué d’un hôtel et des bureaux de la Compagnie, est parallèle à une halle métallique en arc de cercle, ouvrage de la maison Daydé et Pillé. C’est encore aujourd’hui la verrière ferroviaire métallique la plus importante d’Europe, avec ses 279,60 mètres de long, 55,89 mètres de large, 36 mètres de haut et ses deux horloges. La gare et sa halle métallique au-dessus des voies sont inscrites au titre des monuments historiques depuis 1984.

Quant à la passerelle ferroviaire Eiffel, conçue en 1858 par Stanislas de Laroche-Tolay, ingénieur des Ponts et Chaussées, avec Paul Régnauld comme ingénieur en chef de la Compagnie des chemins de fer du Midi et Gustave Eiffel comme directeur du chantier, elle a frôlé la destruction après l’arrêt de circulations des trains en 2008 et la construction d’un nouveau pont à quatre voies permettant plus de fluidité dans le trafic. En 2010 elle est classée au titre des monuments historiques – sa destruction aurait pu remettre en cause l’inscription en 2007 de Bordeaux au Patrimoine mondial de l’UNESCO – mais son devenir reste encore en cours de définition. Restaurée en 2019 par son propriétaire actuel, SNCF Réseau, elle pourrait devenir un pont réservé aux piétons et vélos, dans le cadre du projet Euratlantique.

Enfin, à l’intérieur de la gare, on trouve un point de rendez-vous traditionnel pour les Bordelais : la carte du réseau de la Compagnie du Midi, gravée dans le mur. La fresque, abîmée par le temps et par les travaux de rénovation de la gare dans les années 1980, a eu le droit à une restauration nécessaire à la préservation de l’œuvre pour ses 90 ans, en 2020.

Quels procédés ont été utilisés pour redonner sa jeunesse à cette carte ? Vous pourrez en apprendre davantage dans cette série de vidéos sur la restauration de la carte du réseau de la Compagnie des chemins de fer du Midi.

 

Mémoire

THOMAS Lucien

Né le 26 juin 1914 à Nantiat (Haute-Vienne) – Abattu le 8 juin 1944 à Couzeix (Haute-Vienne). Manœuvre auxiliaire à Limoges, Lucien Thomas est marié et père de deux fils nés en 1939 et 1940. Le 8 juin 1944, vers 17 heures, la Sipo-SD [Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst, police de sûreté et service de sûreté] fait irruption dans […]

 Posté le

Né le 26 juin 1914 à Nantiat (Haute-Vienne) – Abattu le 8 juin 1944 à Couzeix (Haute-Vienne).

Manœuvre auxiliaire à Limoges, Lucien Thomas est marié et père de deux fils nés en 1939 et 1940. Le 8 juin 1944, vers 17 heures, la Sipo-SD [Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst, police de sûreté et service de sûreté] fait irruption dans le dépôt de Limoges à la suite d’un sabotage. Camille Michel est aussitôt visé par une rafale de mitraillette et mortellement blessé. Les agents de l’atelier et des bureaux, y compris les femmes, sont rassemblés manu militari et descendus dans la fosse du chariot. Un membre de la Sipo-SD muni d’une liste appelle plusieurs noms, sans résultat, puis demande à consulter la feuille de service. À 18 h 30, les Allemands se retirent en emmenant le chef de dépôt, M. Lespès, ainsi que le manœuvre auxiliaire Alexandre Le Blanc.
Absents lors de la rafle, mais figurant sur la liste, Marie Antoine Gache, Henri Lavergne et Lucien Thomas sont recherchés. Ce dernier est intercepté en sortant de chez lui et abattu alors qu’il prenait la fuite.
Le titre d’Interné résistant lui est attribué le 28 octobre 1953. Son nom figure sur le monument aux morts du dépôt et sur la plaque de la gare de Limoges.

Hervé Barthélémy

Sources : Archives SNCF, 118 LM 093 ; 303 LM 0020/0010 ; Service historique de la Défense, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, dossier statut ; Rail et mémoire ; Cercle généalogique des cheminots.

Mémoire

ROIFFÉ Paul

Né le 20 février 1909 à Sousse (Tunisie) – Exécuté le 26 mars 1944 à Brantôme (Dordogne). Marié et père de trois enfants, Paul (Charles, Émile) Roiffé est manœuvre auxiliaire au service de la Voie et des Bâtiments de Limoges (Haute-Vienne), et demeure à Coussac-Bonneval. Il fait partie du réseau Alliance sous les pseudonymes de […]

 Posté le

Né le 20 février 1909 à Sousse (Tunisie) – Exécuté le 26 mars 1944 à Brantôme (Dordogne).

Marié et père de trois enfants, Paul (Charles, Émile) Roiffé est manœuvre auxiliaire au service de la Voie et des Bâtiments de Limoges (Haute-Vienne), et demeure à Coussac-Bonneval. Il fait partie du réseau Alliance sous les pseudonymes de « Patrice » et de « Trébourda », en qualité d’agent de renseignements du secteur Tunnel. Une coupure de presse non datée parue a la Libération dans La Marseillaise indique également son appartenance aux MUR [Mouvements unis de la Résistance] comme « chef du service des sabotages Fer région de Limoges ». Le 4 ou le 6 février 1944, Paul Roiffé est arrêté à Bordeaux (Gironde) et interné à Limoges. Le 25 mars, alors qu’il est toujours détenu, un événement scelle son destin. Il se produit au nord de Brantôme, sur la route d’Angoulême, à proximité de l’embranchement de la nationale 675 qui mène à Nontron. Un groupe de résistants attaque une voiture allemande, dont plusieurs occupants sont touchés. La réaction de la Sipo-SD [Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst, police de sûreté et service de sûreté] est immédiate et impitoyable. Le 26 mars, 25 détenus de la prison de Limoges, dont Paul Roiffé, sont extraits de leur cellule, emmenés en autocar à Brantôme, au lieu-dit Les Fontaines noires, et exécutés sans jugement, avec un domestique de ferme pris sur les lieux. Le lendemain, 25 autres personnes emprisonnées à Limoges et à Périgueux sont exécutées dans les mêmes conditions à Sainte-Marie-de-Chignac. Dans les deux cas, beaucoup ont été choisies parce que juives.
Le nom de Paul Roiffé figure sur la plaque commémorative apposée en gare de Limoges, où il existe une allée Paul-Roiffé, sur le monument de la ville qui honore les victimes de la guerre 1939-1945, et sur celui de Brantôme.

Stéphane Robine

Sources : Archives SNCF, 118 LM 109/1 ; Service historique de la Défense, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, 21 P 146140 ; Rail et mémoire ; Cercle généalogique des cheminots ; Amicale de l’Alliance, Mémorial de l’Alliance, 1947 ; F. Cordet, Carnets de guerre en Charente, 2004.

Mémoire

MOULY Roger

Né le 16 septembre 1921 a Monbalen (Lot-et-Garonne) – Arrêté dans le Reich, condamné a mort et guillotiné le 13 septembre 1944 à Brandebourg-Görden (Allemagne). Roger Mouly est le fils des cheminots Pierre Mouly et Marie-Madeleine Aupetit, domiciliés à Réchignac, commune de Saint-Jory-de-Chalais (Dordogne), au passage à niveau 260. Célibataire, il habite 59, rue Champlain, […]

 Posté le

Né le 16 septembre 1921 a Monbalen (Lot-et-Garonne) – Arrêté dans le Reich, condamné a mort et guillotiné le 13 septembre 1944 à Brandebourg-Görden (Allemagne).

Roger Mouly est le fils des cheminots Pierre Mouly et Marie-Madeleine Aupetit, domiciliés à Réchignac, commune de Saint-Jory-de-Chalais (Dordogne), au passage à niveau 260. Célibataire, il habite 59, rue Champlain, à Limoges (Haute-Vienne), où il entre le 9 août 1942 à la SNCF comme auxiliaire. Devenu homme d’équipe a l’essai le 30 septembre suivant, il est détaché le 19 janvier 1943 à Braunschweig (Brunswick) où il est employé par la Deutsche Reichsbahn à la gare de triage avec d’autres cheminots français, requis comme lui. Le petit groupe fait rapidement preuve de mauvaise volonté au travail et se livre assez ouvertement à une importante propagande antiallemande, affichant notamment son soutien envers les Alliés. Bientôt, les cheminots français se livrent à des actes de sabotage à la gare. Lors de la composition des trains, il leur arrive, par exemple, d’aiguiller les rames dans une direction contraire à celle qui était prévue, ou de provoquer leur collision en omettant volontairement de placer sur la voie le sabot d’enrayage qui permet de les freiner. Des wagons et leur contenu sont ainsi parfois sévèrement endommagés, lors du choc de l’accostage.

Mais leur activité est rapidement neutralisée. Le 11 octobre 1943, Roger Mouly est arrêté en compagnie de 13 de ses camarades sur dénonciation d’un travailleur volontaire français et d’un Alsacien. Placés en préventive, ils comparaissent les 19 et 20 juillet 1944 devant le Kammergericht [cour d’appel provinciale] de Berlin venu siéger à Braunschweig. Tous sont condamnés à mort pour « aide à l’ennemi », mais trois voient finalement leur peine commuée en celle de travaux forcés. Au lendemain du procès, ils sont conduits à la prison de Wolfenbüttel, puis peu après à la prison de Brandebourg-Görden pour y être exécutés. Roger Mouly est décapité le 13 septembre 1944, à 11 h 53.

Le titre de Déporté résistant lui a été attribué le 15 avril 1957. La SNCF a gravé son nom sur la plaque commémorative de la gare de Limoges-Bénédictins. Une plaque commémorative bilingue est dédiée à Roger Mouly et à ses camarades en gare de Brandebourg-sur-la-Havel.

Arnaud Boulligny

Sources : Archives SNCF, 118 LM 064/3 ; B00012862, D00165798 ; Service historique de la Défense, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, 21 P 518862 ; Rail et mémoire ; Cercle généalogique des cheminots ; Fondation pour la mémoire de la déportation.

Mémoire

MICHEL Camille

Né le 23 octobre 1905 a Vigeville (Creuse) – Abattu lors de son arrestation le 8 juin 1944 à Limoges (Haute-Vienne). Le 8 juin 1944, vers 17 heures, la Sipo-SD [Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst, police de sûreté et service de sûreté] fait irruption dans le dépôt de Limoges. Camille Michel, ouvrier ajusteur, a peut-être alors tenté de fuir, […]

 Posté le

Né le 23 octobre 1905 a Vigeville (Creuse) – Abattu lors de son arrestation le 8 juin 1944 à Limoges (Haute-Vienne).

Le 8 juin 1944, vers 17 heures, la Sipo-SD [Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst, police de sûreté et service de sûreté] fait irruption dans le dépôt de Limoges. Camille Michel, ouvrier ajusteur, a peut-être alors tenté de fuir, toujours est-il qu’il est fauché par une rafale de pistolet-mitrailleur. Il est abandonné à son sort, gisant dans une fosse de la remise nord, sous une machine. Son collègue Michel Barthélémy a été blessé au bras. Les agents de l’atelier et des bureaux, y compris les femmes, sont rassemblés manu militari et descendus dans la fosse du chariot. Un membre de la Sipo-SD muni d’une liste appelle plusieurs noms, sans résultat, puis demande à consulter la feuille de service. À 18 h 30, les Allemands se retirent en emmenant le chef de dépôt, M. Lespès, ainsi que le manœuvre auxiliaire Alexandre Le Blanc. Entre-temps, les policiers ont consenti à ce que les premiers soins soient prodigués aux blessés. Mais il est trop tard pour Camille Michel, qui meurt le soir même à son domicile, après avoir été ramené de l’hôpital. Il était marié et père de famille. Absents lors de la rafle, deux autres cheminots sont recherchés : le chef de brigade de manœuvres Henri Lavergne est arrêté chez lui, tandis que Lucien Thomas sera abattu en tentant de s’enfuir. Le titre d’Interné politique a été attribué à Camille Michel en 1947. Porté sur le monument aux morts du dépôt, son nom est visible aussi dans le hall de la gare de Limoges-Bénédictins.

Hervé Barthélémy, Stéphane Robine

Sources : Archives SNCF, 18 LM 095/10 ; 118 LM 055 ; D00164472, B00012775 ; Service historique de la Défense, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, 21 P 378349, 21 P 597877 ; Rail et mémoire ; Cercle généalogique des cheminots.

Mémoire

SARRETTE Louis

Né le 16 octobre 1902 à Milhac-d’Auberoche (Dordogne) – Mort en déportation le 21 novembre 1944 à Melk (Autriche). Fils d’un sous-chef de brigade, Louis Sarrette entre à la Compagnie du Paris-Orléans le 26 août 1918 comme auxiliaire stagiaire à Bergerac (Dordogne). Après avoir été titularisé le 1er septembre 1918, il part à Saint-Laurent-des-Combes (Gironde) […]

 Posté le

Né le 16 octobre 1902 à Milhac-d’Auberoche (Dordogne) – Mort en déportation le 21 novembre 1944 à Melk (Autriche).

Fils d’un sous-chef de brigade, Louis Sarrette entre à la Compagnie du Paris-Orléans le 26 août 1918 comme auxiliaire stagiaire à Bergerac (Dordogne). Après avoir été titularisé le 1er septembre 1918, il part à Saint-Laurent-des-Combes (Gironde) le 11 avril 1920, où il est d’abord stagiaire, puis élève-bureau à compter du 1er octobre 1920. À partir du 9 avril 1921, il occupe un emploi identique à Sainte-Foy-la-Grande et passe mineur facteur (employé commercial de moins de 21 ans) le 1er mai 1922. Le 7 novembre 1922, il démissionne pour effectuer son service militaire au 144e régiment d’infanterie jusqu’en mai 1924. Après avoir quitté l’armée, il est facteur mixte à l’essai à La Coquille (Dordogne), puis occupe le même poste à Donzenac (Corrèze) à partir du 24 mars 1925, avant de retourner à La Coquille un mois plus tard. Il passe facteur mixte le 3 juillet. Le 30 août 1927, il est muté dans le même emploi à Thiviers. Il rejoint Nexon (Haute-Vienne) le 19 mars 1935, ou il est nommé facteur enregistrant. Le 7 octobre 1937, il passe chef de gare intérimaire de 2e classe à Limoges avant de devenir sous-chef de cette gare (2e classe) le 22 décembre 1938. Le 27 décembre 1928, Louis Sarrette avait épousé Eugénie Bernard. Ils ont deux filles : Henriette, née le 30 janvier 1935, et Annette, le 11 février 1940. Fin 1941, il se met à distribuer des documents de propagande antiallemands. En novembre 1942, la résistance des cheminots de la gare de Limoges-Bénédictins puis des alentours s’organise sous la direction de Paul Vives-Caillat, dont Louis Sarrette devient l’adjoint. Responsable de la diffusion des tracts et de la presse clandestine, il fournit également des renseignements sur les mouvements ferroviaires et des indications pour les sabotages de voies. Le 31 janvier 1944, vers midi, deux civils sonnent au 23, rue Petiniaud-Dubos, domicile des époux Sarrette, situé à deux pas de la gare. Après être descendu pour ouvrir, Louis Sarrette remonte terminer son déjeuner sans s’occuper des deux hommes venus chercher le locataire du rez-de-chaussée. N’ayant pas trouvé l’homme qu’ils cherchaient, les inspecteurs allemands vont chez les époux Sarrette et constatent l’absence de Mme Sarrette sortie faire une course. Ils accusent son mari de l’avoir envoyée prévenir celui qu’ils étaient venus arrêter et l’arrêtent à son tour. Incarcéré à Limoges, Louis Sarrette est transféré le 9 mars 1944 à Compiègne-Royallieu, où les Allemands lui attribuent le no 29021. Le 6 avril, il est déporté à Mauthausen avec près de 1 500 hommes. Le 8 avril, il est immatriculé 63138 et, le 24, il fait partie du deuxième groupe de détenus envoyé vers le nouveau camp annexe de Melk, ouvert trois jours plus tôt. Ce site a été choisi comme lieu d’implantation d’un nouveau camp en raison notamment de son sous-sol qui sera à l’origine du nom de code du projet auquel travaillent les détenus : le projet Quarz. Ces derniers sont placés dans les bâtiments de la caserne von Birago. Dans ce camp, il est affecté à un poste de manœuvre (Hilfsarbeiter). Louis Sarrette est mort à Melk le 21 novembre 1944.

« Mort pour la France », il a obtenu le titre de Déporté résistant le 14 octobre 1954. Il est titulaire de la Médaille de la Résistance. Son nom a été porté sur la plaque de la gare de Limoges.

Adeline Lee

Sources : Archives SNCF, 118 LM 109/2 ; 2005/028/ÉTAT/90/2 ; MIC 1998/4937 D00172672, B00013163 ; Service historique de la Défense, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, 21 P 535886, LA 8538, MA 13/3, 16/2, 41/5, 36, 39/3, 21 P 1132 (registre matriculaire original du camp de Mauthausen) ; Rail et mémoire ; Cercle généalogique des cheminots ; Fondation pour la mémoire de la déportation.

Mémoire

SARRE Jean-Paul

Né le 22 janvier 1899 à Pierre-Buffière (Haute-Vienne) – Disparu en déportation en 1945 à Buchenwald (Allemagne). Ancien combattant volontaire lors de la Première Guerre mondiale, du 29 septembre 1916 au 29 septembre 1919, successivement au 1er zouaves et au 3e génie, Jean-Paul Sarre est auxiliaire à la Compagnie du Paris-Orléans à Limoges à partir […]

 Posté le

Né le 22 janvier 1899 à Pierre-Buffière (Haute-Vienne) – Disparu en déportation en 1945 à Buchenwald (Allemagne).

Ancien combattant volontaire lors de la Première Guerre mondiale, du 29 septembre 1916 au 29 septembre 1919, successivement au 1er zouaves et au 3e génie, Jean-Paul Sarre est auxiliaire à la Compagnie du Paris-Orléans à Limoges à partir du 1er mars 1920, avant d’entrer véritablement dans la compagnie le 8 mai suivant comme homme d’équipe à l’essai en gare de Limoges-Bénédictins (Haute-Vienne). Le 2 août 1922, il est muté à Puy-Imbert (Haute-Vienne) et il ne revient à la gare de Limoges-Bénédictins que le 20 décembre 1934 comme facteur mixte [employé commercial], avant de passer facteur le 21 mars 1940. Secrétaire au bureau des sous-chefs de la gare de Limoges-Bénédictins, il est bien noté par ses chefs. Jean-Paul Sarre et sa femme Mathilde (née Chassaing), qu’il a épousée le 31 décembre 1921, ont trois enfants : Maurice (né le 22 septembre 1922), Simone (31 janvier 1925) et Jeanne (30 avril 1926). Avant guerre, il avait été secrétaire de la Ligue internationale des combattants de la paix pour la section de Limoges, mais il ne semblait plus avoir d’activité politique depuis le début des hostilités.

Depuis la fin de l’année 1942, Jean-Paul Sarre résiste dans l’un des groupes Fer de Paul Vives‑Caillat (responsable régional), distribuant du matériel et fournissant des renseignements sur les mouvements de l’ennemi. Le 7 mars 1943, vers 8 h 30, il est arrêté à son domicile de la rue Molière à Limoges par un civil et un militaire allemands qui auraient prétexté le besoin de le confronter avec un homme arrêté dans la nuit. Ce même jour, plusieurs autres habitants de la commune sont interpellés, dont le cheminot Jean Langlade. Après avoir été interné à la caserne du 6e cuirassiers, place Marceau à Limoges, il est transféré en train à Compiègne-Royallieu dans la nuit du 15 au 16 mars 1943, avec les personnes arrêtées le même jour que lui. Jean-Paul Sarre porte le no 12794. Le 26 mars, il est autorisé à écrire une carte à sa femme. Le 20 avril 1943, il est déporté à Mauthausen, dans un convoi de près de 1 000 hommes, dans le cadre de l’Aktion Meerschaum (écume de mer), qui a pour objectif la déportation de 35 000 hommes aptes au travail forcé. Il y est enregistré sous le matricule 28521. Le 15 juillet suivant, il est transféré au camp du Loibl Pass, où un premier groupe essentiellement composé de Français avait déjà été transféré le 2 juin lors de l’ouverture du camp. Répartis en deux camps implantés de part et d’autre du massif des Karawanken, les détenus travaillent au percement d’un tunnel routier pour le compte de la société Universale Hoch-und Tiefbau AG. Il y est autorisé à écrire une courte carte à son épouse. Après un an et demi passé au Loibl Pass, il est ramené au camp central le 17 novembre 1944, avant d’embarquer le 2 décembre 1944 dans un train conduisant 1 112 détenus à Auschwitz. En janvier 1945, alors que les troupes russes s’en approchent, Jean-Paul Sarre est transféré à Buchenwald, où il serait arrivé le 22 janvier 1945. Il aurait été admis au Block 51 puis au Block 28, et s’y serait encore trouvé le 7 avril 1945 d’après un relevé des fichiers du camp. Jean-Paul Sarre est ensuite porté disparu. « Mort pour la France », il a obtenu le titre de Déporté résistant le 11 février 1963. Il est titulaire de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative qui réunit les noms des agents de la SNCF des gares de Limoges, en gare de Limoges-Bénédictins.

Adeline Lee

Sources : Archives SNCF, 118 LM 109/2 ; D00172659, B00013163 ; Service historique de la Défense, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, 21 P 535885, 21 P 472525 (dossier de Jean Langlade), MA 7/11, 17/1 ; Archives privées P. S. Choumoff ; Rail et mémoire ; Cercle généalogique des cheminots ; Fondation pour la mémoire de la déportation.