Mémoire

ADAM Henri

Né le 1er février 1885 à Pouancé (Maine-et-Loire) Condamné à mort et fusillé le 13 février 1943 à Nantes (Loire-Inférieure). À l’âge de 8 ans, Henri (François, Marie) Adam perd son père, poseur au chemin de fer, tué dans un accident du travail à Segré (Maine-et-Loire). Après l’obtention de son certificat d’études, sa mère, garde-barrière, réussit […]

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Né le 1er février 1885 à Pouancé (Maine-et-Loire)
Condamné à mort et fusillé le 13 février 1943 à Nantes (Loire-Inférieure).

À l’âge de 8 ans, Henri (François, Marie) Adam perd son père, poseur au chemin de fer, tué dans un accident du travail à Segré (Maine-et-Loire). Après l’obtention de son certificat d’études, sa mère, garde-barrière, réussit à le faire embaucher dans une étude de notaire. Il apprend ensuite son métier de tourneur sur métaux, ce qui lui permet d’entrer aux Chemins de fer de l’État. Marié, il a deux enfants : Georgette, née en 1911, et Henri, l’année suivante. Syndiqué, militant actif, il devient dès 1922 le secrétaire du syndicat unitaire des cheminots de la région de Nantes. En 1928, il est le candidat du parti communiste lors des élections législatives d’avril à Nantes ; en 1937 il se présente cette fois aux élections cantonales.

En 1940, la police française le considère comme le principal responsable de la cellule communiste du dépôt de la SNCF à Nantes. En 1941, il prend sa retraite et rejoint très vite les premiers groupes armés communistes qui se constituent dans la région nantaise, autour de Raymond Hervé. Sa passion pour les fusils en fait l’armurier du groupe FTP(Francs-tireurs et partisans) qui opère rapidement en commettant plusieurs attentats contre des locaux de la Wehrmacht, contre le Foyer du soldat dans la nuit de Noël 1941, contre une librairie allemande en février 1942, contre une baraque de la Croix-Rouge allemande près de la gare d’Orléans en mars 1942 ; ensuite et jusqu’en juillet 1942 des attentats sont commis dans le bar Topaze réservé aux soldats allemands, à l’hôtel La Duchesse Anne occupé par les officiers de la marine en juin 1942, où au casino des officiers de la Luftwaffe, ainsi que des sabotages de lignes électriques et de voies ferrées (notamment sur la ligne Nantes-Pornic où près d’Orvault). Le groupe vise également des Français, policiers ou collaborateurs, sans oublier le meurtre du juge Le Bras, au palais de justice de Nantes, pour faire évader Raymond Hervé.

Ces actions provoquent, à partir du printemps 1942, une forte réaction policière, la brigade mobile régionale et le SPAC(le service de police anticommuniste) s’associant, sous la surveillance de la Sipo-SD(Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst, police de sûreté et service de sûreté), pour faire tomber le groupe FTP. Henri Adam est arrêté le 29 septembre 1942 dans sa « planque », une maison en construction où il vivait caché. Interrogé à plusieurs reprises, il est remis aux services allemands, comme 44 de ses camarades. Tous sont présentés devant le tribunal militaire de la Feldkommandantur 518 de Nantes(commandement militaire de l’armée d’occupation) et jugés durant plusieurs jours lors d’un procès public, qui débouche le 28 janvier 1943 sur le plus grand nombre de condamnations à mort jamais prononcées en France occupée – 37 au total. Le jugement reconnaît Adam « complice d’actes de francs-tireurs », en « toute connaissance de cause », et le condamne à la peine capitale pour avoir procuré à leurs auteurs des armes, dissimulé des explosifs et fourni des renseignements. Henri Adam est fusillé au terrain du Bèle à Nantes, le 13 février 1943. Il est inhumé au cimetière Saint-Paul de Rezé.

Le titre d’Interné résistant est attribué à Henri Adam en 1951. Le conseil municipal de Rezé donne son nom à l’une de ses rues dès le 28 octobre 1944. Une cellule du parti communiste de Loire-Atlantique porte son nom. La SNCF rappelle sa mémoire sur le monument de la gare de Nantes, où son nom est inscrit sur la plaque intitulée « à la mémoire des agents SNCF résistants. Arrondissements de Nantes ».

Thomas Fontaine

Photo : Henri Adam. Photographie anthropométrique. Service historique de la Défense, division des Archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC).

Sources : SHD DAVCC, 21 P 416698 ; Association Rails et mémoire ; Cercle généalogique des cheminots ; Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier.
Franck Liaigre, « Le PCF et la lutte armée en Bretagne à la lumière des archives (1940-1943) », in Stéphane Courtois (dir.), Communisme en France, 2007.
Claude Pennetier, Jean-Pierre. Besse, Thomas Pouty et Delphine Leneveu (dir.), Les Fusillés (1940-1944). Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés par condamnation et comme otages ou guillotinés pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, Éditions de l’Atelier, 2015.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

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