Mémoire

JAMET Sylvain

Né le 7 janvier 1899 à Montgivray (Indre) Mort en déportation le 22 janvier 1945 à Melk (Autriche). De la classe de recrutement 1916-1919, bureau de Châteauroux, Sylvain (Jean) Jamet effectue son service militaire au 51e régiment d’artillerie du 29 décembre 1917 au 29 décembre 1920. Juste avant sa démobilisation, il se marie le 4 décembre […]

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Né le 7 janvier 1899 à Montgivray (Indre)
Mort en déportation le 22 janvier 1945 à Melk (Autriche).

De la classe de recrutement 1916-1919, bureau de Châteauroux, Sylvain (Jean) Jamet effectue son service militaire au 51e régiment d’artillerie du 29 décembre 1917 au 29 décembre 1920. Juste avant sa démobilisation, il se marie le 4 décembre 1920 à Marie-Thérèse Bouillet, avec laquelle il aura deux filles : Yvette (24 février 1924) et Christiane (22 mai 1930). Après avoir été employé de commerce, il entre à la Compagnie du Paris-Orléans le 2 novembre 1923 comme homme d’équipe à l’essai à la résidence de Chantenay (Loire-Inférieure) avant d’être affilié à la caisse de retraite et définitivement embauché, puis de passer homme d’équipe un an plus tard. À partir d’octobre 1927, il fait fonction de facteur mixte (employé commercial) à Malestroit (Morbihan), emploi qu’il conserve le reste de sa carrière dans plusieurs villes : le 13 janvier 1928 à la résidence de Questembert, puis celle de Chantenay le 1er janvier 1930, celle de La Possonnière le 16 mars 1936, à La Bourse le 19 septembre, enfin à Nantes-Blottereau (Loire-Inférieure) le 1er mai 1941. Apprécié de ses chefs, en 1939-1940 il est affecté spécial et réside avec sa famille au 46, route de Saint-Luce, à Nantes.Dans la nuit du 2 au 3 mars 1944, Sylvain Jamet est arrêté à Nantes pour détention de tracts du Front national (une organisation communiste) comme son collègue de la SNCF Pierre Piron. Selon sa femme, sa fille aînée, Yvette, et son futur gendre, Adrien Rousseau, auraient été impliqués dans cette affaire. La nature de l’activité de Sylvain dans les rangs du Front national est impossible à préciser.

Interné d’abord à la maison d’arrêt de Nantes, il est ensuite envoyé à Compiègne-Royallieu (n° 28847). Déporté à Mauthausen avec Pierre Piron et près de 1 500 détenus le 6 avril, il y est immatriculé 62581, puis envoyé à Melk le 24 avril 1944. Ce site est choisi au début de l’année 1944 pour accueillir un nouveau camp dans la caserne von Birago, en raison notamment de son sous-sol qui sera à l’origine du nom de code du projet auquel travailleront les détenus : le projet Quarz. Employé à un poste de manœuvre (Hilfsarbeiter), Sylvain Jamet est autorisé à écrire à sa famille depuis le Block 1 de Melk. Il y meurt le 22 janvier 1945.

Sylvain Jamet a obtenu la mention « Mort pour la France » et le titre de Déporté politique le 28 mai 1962. Il est titulaire de la Croix de guerre 1914-1918. La SNCF rappelle sa mémoire en gares de Nantes-Blottereau et de Nantes.

Adeline Lee

Sources : SNCF, 118 LM 108/1 ; SNCF, 2009/002/ÉTAT/272 ; SNCF, MIC 1995/6922 ;SHD DAVCC, 21 P 465218, LA 21833, 11698, MA 13/2, 16/2, 41/6, 26 P 1132 (registre matriculaire original du camp de Mauthausen) ; AD Loire-Atlantique, 1694 W 14 ; RM ; CGC ; FMD ; DBMOF.

Extrait de l’ouvrage Les Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Livre mémorial (Paris, Perrin/Rails et histoire/SNCF, 2017).

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