Mémoire

En Normandie, coup d’envoi des commémorations des 80 ans du Débarquement

Le cycle de commémorations des 80 ans des débarquements, de la Libération de la France et de la Victoire s’est ouvert en Normandie ce mercredi 5 juin 2024, à la gare de Saint-Lô, la « capitale des ruines » comme la surnomme le dramaturge anglais Samuel Beckett depuis son poste d’intendant de la Croix Rouge […]

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Le cycle de commémorations des 80 ans des débarquements, de la Libération de la France et de la Victoire s’est ouvert en Normandie ce mercredi 5 juin 2024, à la gare de Saint-Lô, la « capitale des ruines » comme la surnomme le dramaturge anglais Samuel Beckett depuis son poste d’intendant de la Croix Rouge en charge de l’hôpital de fortune local. Un hommage national a été rendu aux victimes civiles dans le haras national de la ville.

Gare et ville de Saint-Lô détruite / Fonds d’archives de Normandie / National Archives USA

Cible prioritaire de l’aviation alliée, la gare de Saint-Lô est bombardée dès le 6 juin 1944, tout comme la centrale électrique et le centre de télécommunications de la ville. Celle-ci est ensuite entièrement détruite par les Alliés : la première vague d’avions, américaine, arrive à 20 h 05, suivie de la Royal Air Force britannique à 22 h. Le bombardement dure jusqu’à deux heures du matin. Les habitants quittent la ville rasée à 95 % jusqu’à l’arrivée de troupes américaines le 18 juillet.

Des employés de la SNCF et leurs familles font partie des quelques 450 victimes de cette nuit-là. D’autres sont victimes des combats qui suivent. A la gare de Saint-Lô, on trouve inscrits les noms de Jean-Baptiste Douesnard, chef de canton tué chez lui par le bombardement, dont le corps n’a jamais été retrouvé ; du cantonnier Marcel Le Meulais, tué le 7 juin par des éclats de bombes aux abords d’un passage à niveau ; d’Émile Legrand, chef d’une équipe de manutention à la gare, tué le 10 août par des tirs d’artillerie.

Saint-Lô, en tant que chef-lieu, est surtout le siège de la prison et du tribunal allemand. Les cheminots résistants de Coutances, de Cherbourg, d’Orval-Hyenville et de Mézidon-Canon y sont emprisonnés et jugés avant d’être exécutés à Saint-Lô ou déportés vers les camps de concentration du Reich. Cette prison est également bombardée, ce qui entraîne la mort de beaucoup des 75 internés. Le résistant Jean Vauzelle parvient à tromper ce destin tragique et profite du bombardement pour s’enfuir mais il meurt à l’été 1944 dans l’armée de libération.

Les victimes cheminotes de tout le département de la Manche figurent sur le monument départemental à Saint-Lô.

On y honore la mémoire d’Alexandre Avoyne et ses filles, Félix Bouffay, Louis Barbey, Fernand Charpentier, Philibert Daireaux, Yves Duboscq, Léon Theil, Pierre Tirel, Joseph Scelles et Edmond Coolzaët. Ces dix cheminots résistants dans le mouvement de Résistance communiste Front national sont arrêtés en juillet 1942 par les forces d’occupation, pour avoir distribué des tracts et collecté des renseignements sur le trafic ferroviaire allemand. Cinq d’entre eux sont condamnés à mort et exécutés à Saint-Lô, trois meurent en déportation. Seuls Joseph Scelles et Edmond Coolzaët en sont revenus.

Stéphane Contesse du même groupe est condamné et déporté peu après pour avoir tenté de porter secours à ces internés et meurt en déportation.

Deux autres résistants cheminots ont été exécutés en 1943 à Saint-Lô ou sont morts en déportation :
Robert Colléatte, né le 8 octobre 1911 à Amiens (Somme), condamné à mort et fusillé le 20 septembre 1943 à Saint-Lô ; Jean Houyvet, cheminot de Cherbourg, déporté et mort en déportation le 23 mars 1943 à Sachsenhausen en Allemagne.

Trois autres cheminots ont été exécutés ou déportés et sont morts en déportation pour des motifs divers : Léon Raynel, Paul Robillard, Francis Sylvestre.

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